Domaine de la Palmeraie
Notre préférence est allée à ce domaine pour une raison simple : on n'y loue...
Il faut savoir ce que l'on regarde. Derrière la façade blanche du bourg du Diamant se tient la plus ancienne maison hôtelière de la Martinique, ouverte en 1945, quand l'île ne comptait presque rien pour recevoir. Elle a grandi par étapes : dix chambres au départ, puis vingt de plus et une série de bungalows posés vers le sable. Elle a logé et nourri Aimé Césaire, Édouard Glissant, Patrick Chamoiseau, et Milan Kundera de passage. Après une fermeture, elle a rouvert en 2019 avec une équipe qui a choisi de garder le nom, la place et la table plutôt que de tout effacer. C'est ce fil que nous avons voulu suivre.
Ce qui a emporté la décision, c'est la conjonction de trois choses qui vont rarement ensemble. La position d'abord, dans le bourg et sur la plage à la fois : on sort de sa chambre pour marcher sur le sable, et l'on traverse la rue pour faire son marché. La table ensuite, qui n'est pas un service d'hôtel mais un restaurant que les gens du coin fréquentent. La mémoire enfin, qui donne à la maison une profondeur qu'aucune ouverture récente ne fabrique. Le tout tenu à une échelle raisonnable, moins de quarante clés.
La plage du Diamant se déroule sur près de trois kilomètres, la plus longue de l'île, avec en vis-à-vis le rocher qui lui a donné son nom, un piton volcanique dressé au large. La houle y est franche : on y marche, on y regarde les surfeurs, et l'on réserve la baignade tranquille aux anses voisines. Le bourg est juste derrière, avec ses commerces, son marché et ses tables. Sainte-Luce et les Anses d'Arlet sont à une vingtaine de minutes, Les Trois-Îlets à un quart d'heure, Fort-de-France à une trentaine de minutes par la route de la côte.
Prix : €€€, haut de gamme
Ambiance : maison de bord de mer, mémoire créole, esprit de bourg
Chambres : trente-trois chambres de vingt-cinq à trente mètres carrés et cinq bungalows de plage de quarante mètres carrés, dont trois chambres adaptées aux personnes à mobilité réduite
Pour qui : les couples, les familles, les voyageurs attachés à l'histoire d'un lieu
Notre coup de cœur : les bungalows de plage, posés à quelques pas du sable
Table : La Terrasse, cuisine créole bistronomique sur produits de l'île, bar à cocktails et rhums agricoles, snack à la piscine
Équipements : accès direct à la plage, piscine, terrasse bar, parking privé, chambres adaptées, formule demi-pension
À proximité : plage du Diamant au pied, rocher du Diamant en vis-à-vis, bourg et marché derrière, Les Trois-Îlets à un quart d'heure, Fort-de-France à une trentaine de minutes
Le restaurant est le cœur de la maison et l'a toujours été. Du temps de l'Assiette Créole, il faisait venir la Martinique entière pour les soirées langouste et les garden-parties du jeudi. Aujourd'hui, La Terrasse travaille une cuisine créole dite bistronomique, sur produits de l'île, prolongée par un bar à cocktails et une carte de rhums agricoles. Le snack de la piscine assure les déjeuners légers entre deux allers-retours sur le sable. C'est la raison pour laquelle on réserve ici même quand on loge ailleurs sur la côte.
Trente-trois chambres de vingt-cinq à trente mètres carrés se répartissent autour du jardin et de la piscine, et cinq bungalows de quarante mètres carrés se tiennent plus bas, du côté de la plage. Le choix se joue là : le jardin pour le calme et l'ombre, la plage pour le bruit des vagues et les quelques pas qui séparent le lit de l'eau. Trois chambres sont aménagées pour les personnes à mobilité réduite, ce qui reste rare sur cette côte et mérite d'être dit.
Les arrivées se font à partir de quinze heures trente et jusqu'à dix-neuf heures, les départs entre sept heures et midi. La maison accueille les familles mais ne prend pas les animaux. La demi-pension existe et se justifie ici, vu la table. Le parking privé est sur place, utile dans un bourg où le stationnement se complique en saison. Enfin, les cinq bungalows de plage se réservent bien avant les chambres : c'est la catégorie qui part en premier.