Residence Fort Savane
Nous recommandons cette adresse à ceux qui veulent dormir en plein Fort-de-France sans renoncer à...
Fort-de-France a un centre, et ce centre a un parc : la Savane, esplanade de palmiers royaux tendue entre la mer et la ville, bordée d’un côté par le fort Saint-Louis et de l’autre par les façades de la rue de la Liberté. L’Impératrice occupe l’une de ces façades depuis une soixantaine d’années, immeuble moderniste des années cinquante qui a gardé son allure et son mobilier. On pousse la porte et l’on tombe sur des parquets d’acajou, des bois travaillés, des collections accumulées au fil du temps. C’est un hôtel de ville au sens propre : il appartient au paysage, et les Foyalais le connaissent.
Parce que c’est une maison, pas un produit. Une vingtaine de chambres seulement, une décoration qui tient de la collection plutôt que du catalogue, et six décennies de présence à la même adresse : cela ne se fabrique pas. Parce que la table du premier étage sert une cuisine martiniquaise assumée, ouverte sur la ville et pas réservée aux clients de l’hôtel. Et parce que l’emplacement fait le reste : pour qui veut comprendre la Martinique urbaine avant d’aller voir ses plages, tout se fait à pied depuis le perron.
La rue de la Liberté longe la Savane, et depuis le trottoir de l’hôtel on voit les palmiers, la statue et, derrière, les mâts de la baie. La bibliothèque Schoelcher, pavillon de fer et de céramique monté pour une exposition universelle puis remonté ici, est à cinquante mètres. Le grand marché couvert et ses épices sont à cinq minutes, la cathédrale Saint-Louis à peine plus loin, le fort Saint-Louis de l’autre côté du parc. Surtout, le ponton des navettes maritimes ferme la Savane : vingt minutes de mer et l’on débarque à la Pointe du Bout ou à l’Anse à l’Âne. La voiture ne sert ici qu’à sortir de la ville.
Prix : €€
Vibe : colonial moderniste, patiné, en pleine ville
Chambres : une vingtaine, quatre catégories (standard, confort, supérieure, familiale), parquets d’acajou et lits sculptés
Pour qui : voyageurs urbains, amateurs d’architecture et de marchés, escales avant ou après l’île
Ce que nous préférons : les parquets d’acajou et le mobilier créole, qui donnent à la maison une odeur et un son que le neuf n’a pas
Table : restaurant au premier étage, cuisine martiniquaise, bar au rez-de-chaussée
Équipements : bar, restaurant, bagagerie, animaux acceptés
À voir autour : parc de la Savane et fort Saint-Louis, bibliothèque Schoelcher, grand marché couvert, cathédrale Saint-Louis, ponton des navettes maritimes
Les chambres se répartissent en quatre catégories, de la standard à la familiale, et c’est la matière qui les distingue plus que la surface : parquets d’acajou, rideaux de taffetas, lits sculptés, meubles créoles réunis au fil des années. On est loin de la chambre d’hôtel interchangeable, et c’est le parti pris de la maison depuis l’origine. Les catégories supérieures gagnent en volume et en lumière, celles qui donnent sur la Savane gagnent les palmiers. Demander à l’avance reste la bonne méthode, parce qu’aucune chambre ne ressemble tout à fait à la précédente.
Le restaurant occupe le premier étage, dans un décor colonial qui prolonge celui du hall. La cuisine est martiniquaise, annoncée comme telle et servie sans détour : c’est l’un des endroits du centre où l’on mange le pays plutôt qu’une version internationale du pays. Le bar du rez-de-chaussée sert de salon à l’hôtel autant que de halte à ceux qui traversent la ville. Les deux ensemble font que l’on peut passer une soirée entière sans franchir la porte.
L’arrivée se fait en fin d’après-midi, le départ en fin de matinée. Les animaux sont acceptés, et le stationnement se règle au cas par cas, comme partout dans le centre de Fort-de-France. La ville est active en journée et s’apaise le soir, ce qui convient à qui aime les centres qui vivent. Pour les plages, compter la navette maritime ou la route du sud ; pour le nord et la Montagne Pelée, une petite heure de voiture. L’hôtel est une base urbaine, et il l’assume pleinement.